La Semaine des Mathématiques !

Lundi 13 mars 2017 aura lieu le lancement national de la 6ème semaine des mathématiques à laquelle participent nos élèves du collège de Grand-Bourg. Différentes activités sont prévues : rallye académique de mathématiques, rallye CM2-6ème, maths et anglais, journée du nombre Pi (Piday) le 14 mars, algorithmique et programmation…

Chaque année, cette semaine s’attache à sensibiliser le grand public à l’aspect culturel des mathématiques en montrant le rôle essentiel qu’elles jouent dans l’Histoire de l’humanité, notamment du point de vue de la compréhension scientifique du monde. Elle entend ainsi valoriser les nombreuses actions mises en oeuvre tout au long de l’année en faveur du rayonnement des mathématiques.​

Cette opération est également l’occasion de souligner l’importance qu’ont les mathématiques dans la formation des citoyens (contribution à l’apprentissage du raisonnement, structuration de la pensée…) et dans leur vie quotidienne (nombres, formes, mesures, sciences du numérique…).
Cette semaine permet aussi de mettre en évidence la variété des métiers dans lesquels les mathématiques jouent un rôle majeur, ainsi que la richesse des liens que les mathématiques entretiennent avec d’autres disciplines, qu’elles soient scientifiques, techniques ou artistiques (musique, littérature, arts visuels).​

Le thème choisi cette année est “Mathématiques et langages” car les mathématiques ne sauraient exister sans langages.

“Si la langue est un objet social et culturel, le langage désigne une fonction humaine à triple dimension : psychologique, sociale et cognitive.
Dans un langage, chaque mot a deux composantes, le « signifié » et le « signifiant ». C’est de la différence entre ces deux composantes que naît l’ambiguïté de tout langage. De cette confusion surgissent lapsus, jeux de mots, métaphores et métonymies, sources incontestables de la poésie… Rien de semblable en mathématiques, où nulle distinction de ce genre n’est à faire. Il n’y a, en mathématiques, que du « signifiant ».

Le langage mathématique est une expression couramment employée par les mathématiciens pour désigner l’ensemble des termes propres aux mathématiques.

Il permet de simplifier l’expression et la manipulation de concepts. Comme une langue, elle ne reste jamais figée, elle évolue suivant les générations, les époques, les lieux. Comme les mots, une fois que les concepts sont incarnés et matérialisés dans le langage, la puissance des mathématiques se réalise, voire se dévoile. On peut penser à l’émergence du calcul différentiel, qui a permis de faire faire un bond considérable à la science mécanique et à bousculer durablement les équilibres scientifiques entre l’Occident, le monde chinois et la science arabe.

Les mathématiciens ont pour habitude d’énoncer des propositions, parfois appelées, théorèmes, lemmes ou corollaires suivant le contexte. Outre les termes techniques, les mathématiques emploient un ensemble de symboles pour désigner les objets mathématiques. Le choix de ces symboles est rarement arbitraire et présente des raisons historiques ou étymologiques. Leurs natures sont très différentes.

Aussi la thématique 2017 nous invite-t-elle à une mise en perspective culturelle et historique. L’apprentissage, la pratique et la transmission des savoirs mathématiques se réalisent par le langage. Les mathématiques sont un outil de pensée, de raisonnement et de conception, qui agit nécessairement à travers le langage.

Le vocabulaire mathématique foisonne de termes et d’expressions aux origines diverses : greques, latines, arabes, médiévales, occidentales… Elles témoignent de l’ancrage des mathématiques dans l’Histoire de l’humanité, de l’origine des concepts à leur transmission, et de leur évolution à travers les âges. Selon les époques, l’emploi du grec, du latin, du chinois, de l’arabe ou de l’anglais aujourd’hui, atteste de l’universalité voulue et revendiquée par le monde des mathématiciens.​
Cette approche des mathématiques, par le langage qu’elles emploient, offre un éclairage particulier de la discipline, loin de sa réduction à un outil de calcul ou de résolution. Elle les présente comme :

  • une activité humaine inscrite dans une Histoire ;
  • une science vivante et en évolution ;
  • un révélateur de la pensée universelle.

Autre signe de l’interaction entre mathématiques et langage, des expressions courantes empreintent aux mathématiques un vocabulaire qui fait sens dans le contexte de leur usage : « être carré », « prendre la tangente », « pour des raisons x ou y », « de manière exponentielle »…

Pour Gaston Bachelard, « Les mathématiques ne sauraient être conçues comme un langage bien fait. […] L’essence des mathématiques tient dans leur puissance d’invention ; elles apparaissent comme l’élément moteur du dynamisme de la pensée scientifique. Les mathématiques ne sauraient être réduites à un simple langage qui exprimerait, à sa manière, des faits d’observation. » (Essai sur la connaissance approchée, 1928).

Dans leur livre, Jean-Pierre Changeux et Alain Connes (Matière à pensée, 1989) reprennent le dialogue platonicien sur l’existence réelle des mathématiques. Les progrès des neurosciences viennent compléter aujourd’hui ces interrogations et posent la question suivante : les mathématiques sont-elles codées dans notre matière biologique ?

Bref, en s’interrogeant cette année sur « Mathématiques et langages », c’est un voyage au coeur même de la nature de l’Homme qui est proposé.​” (extrait du guide 2016-2017 de la semaine des mathématiques, disponible sur le site du Rectorat de Guadeloupe)

Mme RACOFIER