« Mémoire et Pulsations » Terre de Blues et d’Art

Au collège

Patricia Lollia

Lors d’une exposition organisée au Collège de Grand-Bourg de Marie-Galante, l’artiste peintre et sculptrice Patricia Lollia, originaire de Guadeloupe, présente les œuvres de cinq artistes : Ardébèn, Nikki Elisé, María Díaz, Pock et elle-même.

Chaque artiste expose librement son travail. Nikki Elisé propose une série intitulée « Corps et mémoire », en lien avec le thème de la mémoire porté par le festival Terre de Blues. Pock est un artiste polyvalent qui pratique la peinture, l’art numérique et le graffiti. María Díaz se distingue par son utilisation originale de paraboles comme support artistique.

Patricia Lollia explique son propre parcours : ancienne psychologue scolaire devenue artiste professionnelle, elle crée à partir de matériaux de récupération. Ses œuvres représentent des personnages réels ou imaginaires, souvent enrichis d’éléments en relief (bijoux, lunettes, chapeaux). Elle travaille également sur des banderoles publicitaires recyclées et associe à chaque œuvre une histoire écrite.

Les artistes partagent un lien fort avec la culture caribéenne et souhaitent transmettre leur passion aux jeunes. Selon Patricia Lollia, l’exposition permet aux élèves de s’éloigner un moment des réseaux sociaux pour découvrir la création artistique. Les échanges avec les collégiens sont jugés très positifs et stimulants.

Aux élèves qui rêvent de devenir artistes, elle conseille avant tout de travailler avec sérieux et persévérance, tout en étant consciente des difficultés à vivre de son art, particulièrement en Guadeloupe. Elle souligne enfin l’importance de rendre l’art accessible à tous dès le plus jeune âge et remercie le collège pour son accueil et son engagement culturel.

Bonne écoute !

 

María Díaz

 

Lors de cette interview dans notre collège, María Díaz, artiste d’origine argentine installée à Marie-Galante depuis sept ans, présente son travail artistique réalisé sur des antennes paraboliques recyclées. Inspirée par la forme ovale et bombée de ce support original, elle crée des œuvres à l’univers surréaliste, destinées à stimuler l’imagination du public.

Elle explique peindre principalement le matin, profitant de la lumière naturelle. Parmi les œuvres exposées, elle met particulièrement en avant « Árbol » (« arbre » en espagnol), une création réalisée avec des feutres à pointe fine qui lui a demandé beaucoup de patience et de minutie.

 

« Árbol » de María Díaz

 

 

 

 

 

 

 

 

Son parcours marqué par de nombreux voyages et la découverte de différentes cultures nourrit sa créativité et son désir de liberté artistique. Elle se dit touchée par les réactions des élèves, souvent impressionnés par ses œuvres et par l’originalité du support utilisé.

Aux jeunes qui souhaitent devenir artistes, elle leur conseille de se lancer sans hésiter, de cultiver leur imagination et de transformer les difficultés en sources d’inspiration, sans se laisser freiner par le regard des autres.

Parmi ses projets futurs, elle participera à un événement artistique à Anse-Bertrand où elle présentera également ses créations lumineuses. Enfin, elle souligne que le fait d’exposer à Marie-Galante est important pour elle, car cette île est devenue son foyer et elle apprécie de partager son art avec ses habitants.

 

Ardébèn

Ardébèn est un artiste plasticien autodidacte dont le travail est principalement inspiré par ses idées, ses expériences personnelles et ses réflexions sur le monde. À travers ses œuvres, il cherche à transformer des questionnements abstraits en créations concrètes.

 

 

L’une de ses œuvres représente l’évolution d’une case créole traditionnelle vers une habitation moderne intégrant des technologies comme la domotique. Cette création illustre à la fois les transformations de la société et sa réflexion sur l’évolution des modes de vie, tout en conservant un lien avec les racines culturelles.

Son approche artistique repose sur le réemploi de matériaux de récupération. Il utilise notamment des objets du quotidien destinés à être jetés (plastique, fil de fer, tuyaux de plomberie, gaines électriques) auxquels il offre une seconde vie. Pour lui, l’art consiste à dépasser la fonction première des objets afin de les transformer et de contribuer à la réduction des déchets.

 

 

Parmi ses œuvres, celle qui lui tient particulièrement à cœur est une représentation d’un cœur humain. Cette œuvre symbolise la vie et rappelle l’importance de ce qui nous unit tous. Selon lui, le cœur, pourtant essentiel, reste souvent ignoré parce qu’il est caché à l’intérieur de nous. Il souhaite ainsi mettre en lumière la dimension humaine et universelle de l’existence.

Ardébèn souligne également l’influence de la culture sur son travail. Il montre comment les traditions, comme la case créole, peuvent évoluer et s’adapter aux réalités contemporaines plutôt que de rester figées dans le passé.

 

Les réactions des élèves face à ses œuvres le réjouissent particulièrement, car elles témoignent d’un intérêt pour l’art et favorisent la transmission de connaissances et de réflexions. Enfin, il encourage les jeunes à aller au-delà des apparences, à dépasser les idées reçues et à développer leur propre vision du monde. Pour lui, l’art est un espace de liberté qui permet d’apprendre, de s’épanouir et d’évoluer sans contraintes rigides.